Conférenciers invités > S1 : Frédéric Epaud

Session 1 : Bois locaux d'autrefois et d'aujourd'hui

Innovations dans les charpentes gothiques.
De la conduite des peuplements à la réalisation technique

 

Frédéric Epaud1

 1CNRS, CITERES / Lab. Archéologie et Territoires, Tours

Frederic.Epaud@univ-tours.fr

Résumé :

Avec l’avènement de l’architecture gothique et le renouvellement des formes architecturales à partir de la seconde moitié du XIIe siècle, les maîtres charpentiers se voient confrontés à de nouveaux défis comme la réduction en épaisseur des murs porteurs ou le redressement de la pente des toits. La structure des charpentes se modifie radicalement par rapport à celle des charpentes romanes avec notamment l’apparition de la travée. Les poussées générées sur les murs par ces nouvelles structures vont susciter une série d’innovations techniques pour tenter de stabiliser au mieux ces charpentes encore mal conçues. Plusieurs charpentes se voient donc consolidées quelques décennies seulement après leur mise en oeuvre, témoignant des limites techniques et conceptuelles des maîtres charpentiers. Au début du XIIIe siècle, on voit apparaître dans les charpentes des cathédrales des dispositifs inédits pour la plupart expérimentaux qui tentent de répondre aux difficultés inhérentes au gigantisme de ces édifices, avec plus ou moins de succès.
La multiplication des chantiers aux XIIe-XIIIe siècles et surtout le gigantisme de certains d’entre eux comme la reconstruction dans le style gothique de la plupart des cathédrales et des abbayes vont présenter de nouveaux défis aux maîtres d’oeuvre pour répondre à ces importants besoins en bois d’oeuvre, tant en quantité qu’en qualité.
A travers l’étude archéologique de plusieurs charpentes d’édifices gothiques, et surtout celle du XIIIe siècle de la cathédrale de Bourges, de plus de 100 m de longueur, nous aborderons les questions liées à l’approvisionnement en bois d’oeuvre, aux types de bois consommés, à leur provenance, leur stockage, leur traitement, au profil des chênes abattus (morphologie, croissance, âge…) et par là même aux forêts exploitées au XIIIe siècle.
A travers cet exemple et plusieurs autres études de cas en Normandie et en Ile de France, nous essayerons de restituer les modalités de gestion sylvicoles pratiquées aux XIIe-XIIIe siècles dans les futaies seigneuriales du bassin parisien qui ont permis de répondre aux énormes besoins en bois d’oeuvre des chantiers de construction de cette période gothique.

 

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